Le réglage de la grand voile

La grand voile

La grand-voile est la voile la plus importante du bord. Portée en permanence, du près au vent arrière, c’est le moteur principal du bateau.

Paradoxalement, c’est la voile à laquelle on prête le moins d’attention en croisière. Pourtant, bien régler la grand-voile apportera une meilleure sécurité au bateau.

Pour cela, vous devrez agir sur les éléments suivants pour optimiser vos réglages :

  • La drisse de GV
  • Le cunningham
  • La bordure
  • L’écoute
  • Le hale bas
  • La barre d’écoute (n’existe pas toujours)

La drisse de GV

Elle permet de hisser la GV. La drisse sert à étarquer le guindant et modifier l’ampleur et la position du creux dans la partie haute. Lorsque nous finissons de hisser la voile, il est normal que des plis verticaux apparaissent au guindant. L’apparition des plis verticaux en navigation, le long du guindant, est un signe de sur-étarquage de la voile. Choquez la drisse ou le cunningham jusqu’à l’apparition de plis horizontaux ou de dévers, puis effacez ceux-ci en ré-étarquant très légèrement.

Le cunningham

Ajuste la tension sur le guindant et contrôle la position du creux. Au fur et à mesure que le vent forci, le creux recule, la chute se tend et des plis horizontaux se forment sur le guindant. Le cuningham permet de rééquilibrer les tensions dans la voile et d’avancer le creux. Dans toutes les conditions de vent en dessous de la surpuissance, il sera pris juste assez pour effacer les plis, sans plus. En revanche, dans la brise, il peut être pris généreusement afin de favoriser l’ouverture de chute.

La bordure

La bosse d’empointure contrôle la tension de la bordure donc l’importance du creux de la GV. Creuser ou aplatir la GV joue sur la puissance.  Par vent léger la tension de la bordure est au minimum pour creuser la voile et rechercher la puissance, il est alors normal de voir de légers plis le long de la bordure. Augmentez la tension lorsque le vent forci.

La position du creux aura des conséquences de trois ordres :

  • Une voile plus creuse sera plus puissante
  • Un creux plus près du mât permet de mieux remonter au vent
  • La forme et la position du creux influent sur la d Si le creux est avancé, la dérive est diminuée.

Par petit temps, on choisira une voile creuse, plus puissante. Par gros temps, à la puissance sera préférée à la remonter au vent en diminuant et en avançant le creux. La position du creux maximum de la grand-voile devrait se situer à environ 50% du guindant. Plus le vent augmente, et plus la mer se forme, plus il faut avancer le creux (plus de puissance).

L’écoute

L’écoute de grand-voile va permettre de border ou choquer la voile. Plus vous bordez, plus la grand-voile sera centrée et tendue, contrairement à choquer, qui revient à écarter la voile du centre du bateau et à diminuer la voile.

  • Au près, bordez au mieux votre voile.
  • Au largue et portant, ouvrez la voile en choquant votre écoute de grand-voile.

Le hale-bas

Le hale-bas permet le réglage vertical de la bôme. Plus vous bordez le hale-bas, plus la bôme descendra et la voile sera plus plate et tendue. Ce réglage est important pour remonter au vent et fermera votre voile.

Au portant, votre hale-bas doit être relâché afin d’avoir une grand-voile bombée et une bôme relevée. Cela permettra d’augmenter la puissance dans votre grand-voile.

La barre d’écoute

Cette barre est située sur le cockpit. Elle permet de déplacer le chariot de votre grand-voile. Cela permet aussi d’adapter le plan de voilures en ouvrant ou fermant sans forcément toucher les réglages d’écoutes.

Au près dans le petit temps : remontez légèrement le chariot au vent pour que la bôme se situe dans l’axe du bateau, avec une faible tension d’écoute.

Au près dans la brise : au fur et à mesure que le vent fraîchit, laisser glisser le chariot sous le vent pour maintenir le bateau équilibré à la barre. Evitez que le bateau soit exagérément ardent et qu’il gîte trop. Le guindant de la grande voile sera déventé, mais c’est sans importance tant que les filets d’air demeurent accrochés sur la chute et que la voile ne faseille pas. Si l’équilibre du bateau nécessite de descendre le chariot au point de déventer la grand-voile entièrement, une prise de ris s’impose.

Au portant : laissez descendre le chariot au fur et à mesure que vous abattez, puis choquez l’écoute dès que la bôme dépasse l’aplomb de l’extrémité du rail.

Empannage : Recentrez et bloquez le chariot avant d’empanner.

Penons et faveurs

De manière générale sur votre GV, vous pouvez avoir 3 penons au niveau de la chute. Appeler communément « faveur ». Les faveurs sont des morceaux de tissus cousus à l’extrémité de la voile sur la chute. Elles permettent de visualiser l’homogénéité du profil de la voile.

Dans le medium et la brise, les faveurs doivent flotter dans la continuité de la voile. Si celui du haut à tendance à passer derrière, c’est que le vrillage (évolution du profil de bas en haut de la voile) est à revoir. Il faut choquer la voile progressivement jusqu’à ce qu’il s’aligne de nouveau.

Dans le petit temps, le penon supérieur doit être linéaire la moitié du temps, qui se traduira par une voile suffisamment creuse.

Le vrillage

Vriller une voile c’est former une sorte de « S » sur la chute de la voile. Cela a pour action d’évacuer l’air en haut de la voile. Et cela peut nous aider, car plus on monte en altitude et plus il y a de vent. Ce qui veut aussi dire, que le vent apparent en haut du mât n’est pas le même que celui dans le cockpit, puisque le vent réel est plus important.

  • Ouvrir le vrillage (ce qui correspond à vriller la voile) permet de donner la priorité au cap.
  • Fermer le vrillage (donc réduire le vrillage) permet de donner la priorité à la puissance.

Le nerf de chute

La fonction du nerf de chute est d’empêcher la chute de la grand voile de battre.